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EDUARDO CONDE QUISPE Eduardo face à la cathédrale de Saint Pierre de Montmartre. |
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Eduardo CONDE QUISPE, indien aymara, descendant d’une ethnie qui a su résister à la domination espagnole en conservant jusqu’à ce jour ses valeurs fondamentales, est né près du site archéologique de TIWANAKU, en Bolivie. Comme tous les habitants de l’Altiplano, il a connu une enfance faite d’une grande pauvreté et de travail, une vie soumise aux rigueurs d’un climat extrême, mais heureuse malgré tout, parce que vécue en communion avec l’univers et ses mystères, les hommes, les animaux, les plantes, et dans le respect de tout ce qui vit. Avec ses deux grand-mères, dont l’une se prénommait Nieves (neige), il a parcouru les grandes foires où se pratiquait le chhala, le troc de denrées alimentaires et de plantes médicinales. Ce fut pour lui l’occasion d’assister aux danses traditionnelles des différentes communautés descendues des montagnes pour ces rassemblements, et pour nous la chance de découvrir, à travers ses œuvres, des couleurs et des traditions qui sont en train de disparaître ou de se transformer pour adopter le cliquant du monde moderne. Danseurs coiffés de plumes et vêtus de magnifiques costumes multicolores, jouant d’une grande variété de flûtes de roseau et de tambours, fêtes traditionnelles des communautés, danses religieuses en hommages aux divinités de la terre, de la montagne, de l’air, messagers ailés du ciel, hommes, légendes et mythes intimement mêlés revivent un instant sous nos yeux grâce à Eduardo qui peint avec passion et nous transmit avec amour aussi bien les richesses culturelles de son peuple qu’un humble moment de sa vie quotidienne.
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Marché de paysans de l’Altiplano bolivien. Huile de 61 X 46 cm. 2006 |
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LA TERRE ET LES HOMMES |
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Ces dernières années, Eduardo CONDE QUISPE a peint sur deux thèmes : -la vie quotidienne des aymaras de l’Altiplano, riche par ses paysages et ses habitants, qui sont vus travaillant la terre avec leurs animaux, à travers leurs rites, leurs réjouissances et leurs peines. |
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DETAIL DUN TABLEAU DE 65 X 52 cm |
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Suma tayka, mère avec son enfant, Gouache de 60 X 40 cm. 1983. |
Femmes aymaras dans l’Altiplano. Gouche de 60 X40 cm. 1984 |
Puma punku, site archéologique de Tiwanaku. 60 X 46 cm. 1986. |
La récolte de feuilles des coca dans les Yungas. Pastel de 61 X 46 cm. 1990 (environ) |
Village de Totora. Huile de 47 X38 cm. 2008
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![]() Nature morte. Huile, 40 X 50 cm. 2008. |
LE SOUFFLE DES ANGES |
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LIMPUS, LES MESSAGERES AILES Texte d’E. Conde Quispe et J. Curtelin. Paris, octobre 1999.
Une représentation du dieu Wiracocha, créateur de l’univers, est sculptée dans le granit de la Porte du Soleil de Tiwanaku, centre de l’une des plus anciennes civilisations pré-incas des Andes. En langue aymara, Wira signifie énergie, vent fulgurant, et cocha désigne l’eau, la mer. Wiracocha est le dieu de l’air qui surgit du lac, origine de toute vie. Les légendes représentent ce dieu comme un grand oiseau qui, se jouant du vent, évolue dans un univers inaccessible à l’homme. Les personnages ailés, saisis en pleine course, qui l’accompagnent sur la porte du Soleil, sont la matérialisation du vent : les ailes comme la course indiquent la vitesse. On retrouve cette image dans le Chaski, messager légendaire rapide comme le vent, doté d’ailes, la coiffe ornée d’une tête d’oiseau. Dans les montagnes, les Wak’as, ou sanctuaires, abritent les divinités secondaires, en particulier les Achachilas, esprits des montagnes. Ces divinités sont proches de l’homme, qui leur dédie des cérémonies et des offrandes. Elles revêtent souvent la forme d’un oiseau, aigle ou condor, pour lui apparaître. De même, les esprits se manifestent à l’homme sous la forme du vent, d’un tourbillon, d’un souffle d’air. Il peut s’agir d’une divinité, mais aussi de l’esprit d’un mort qui s’envole vers l’inconnu. Dans la langue aymara, un seul mot, Ajayu, désigne à la fois l’esprit, l’âme et l’air. Lors de certains rites de guérison, le Ch’amakani appelle les divinités au secours du malade. Elles descendent du ciel nocturne, matérialisées par un grand oiseau dont les ailes déployées frappent le toit et soulèvent l’air comme une tornade. Dans la symbolique aymara, la montagne est déifiée en tant que protectrice de l’homme. De ses glaciers descend l’eau fertilisatrice, ses pentes escarpées protègent du vent, du gel et de la grêle, comme les ailes déployées d’un immense condor. On retrouve cette conception dans les tissages traditionnels où des motifs représentent à la fois le condor et la montagne, mais aussi la maison, tous trois symboles de protection. Les Aymaras et les Quechuas de l’Altiplano bolivien considèrent toujours le condor comme leur ancêtre. Lors de certains fêtes rituelles, des hommes dansent, portant à leurs épaules les ailes déployées d’un condor, et son coiffés de la tête de l’oiseau. Peut-être pour s’approprier la puissance du seigneur de l’air, et aussi attirer sur l’assistance la bienveillance de la divinité qu’il incarne. Après la conquête, les chroniqueurs espagnols ont recueilli, de la bouche même des indigènes, la description de Wiracocha, un homme barbu, vêtu d’une tunique blanche qui, après la création de l’univers, disparaît dans le océan, laissant aux wak’as la mission de veiller sur les hommes. De fait, certains artistes ou artisans ont représenté Wiracocha sous une forme anthropomorphe. A Tiwanaku, se dresse le monolithe sculpté d’un personnage barbu, avec à ses pieds deux jaguars, nommé Kon Tiki, autre nom du dieu créateur de l’univers. Tissages et poteries reprennent le thème de l’oiseau ou de l’homme ailé : magnifiques mantos textiles de Paracas, céramiques et boucles d’oreilles incrustées de pierres précieuses des Mochecas et dessins d’oiseaux sur les pistes de Nazca. Au XVIe siècle, lorsque les Espagnols imposèrent une nouvelle religion, les populations indigènes découvrirent les saints et les anges. Au siècle suivant, les anges de style baroque proliféraient dans les régions de Cuzco, au Pérou, et sur l’Altiplano bolivien (Calamarca, Carabuco, Potosi). Ces anges étaient les armées célestes, les protecteurs des chrétiens contre le démon. Pour les artistes andins, ils servaient de prétexte pour célébrer les divinités dont le culte était désormais interdit. Les ailes de certains anges peints par les artistes indigènes ont les couleurs de l’arc en ciel, qui représente l’eau fertilisatrice. L’arquebuse évoque l’Eclair, le Tonnerre et la Foudre, trinité divine appelée Illapa, génératrice de pluie. Les coiffures sont surmontées de plumes, ornements prisés des conquérants, mais riches de symboles pour les populations autochtones. L’ange, sous son apparence d’homme ailé, ne sembla donc pas étranger à ceux qui vivaient dans un univers empli de divinités ailées, d’oiseaux mythiques, d’hommes-condors. Ils s’approprièrent tout naturellement certains concepts catholiques, comme les limbes où errent les esprits des enfants morts sans baptême. On raconte qu’un rayon de lumière déchira un jour l’obscurité des limbes (limbos). Des ailes blanches poussèrent aux épaules des enfants qui confectionnent la grêle dans une étincelante cité blanche cachée dans les montagnes. On les appelle Limpus. Ce nom s’est étendu à toutes les créatures ailées surnaturelles. Les personnages ailés ou « Limpus » d’Eduardo Conde Quispe sont une recréation des hommes ailés des civilisations anciennes et contemporaines des Andes. Leurs ailes ont les couleurs de l’arc-en-ciel, qui sont aussi celles du drapeau Wiphala longtemps interdit et désormais présent lors de toutes les manifestations indigènes. Leurs parures sont richement brodées d’ or et d’argent et ornées de pierres précieuses, qui symbolisent le soleil, la lune et les étoiles .On y trouve des oiseaux, surtout le leki-liki, annonciateur de pluie, le serpent dont la mue rappelle que la vie est un cycle, une perpétuelle renaissance, et dont le mouvement sinueux représente l’éclair, le dragon, divinités des volcans, du monde souterrain, le puma symbole des forces telluriques, l’Apacheta, autel édifié au flanc des montagnes, lien entre l’homme et le sacré, le monde d’en-haut, le domaine du condor. Les Limpus portent le sceptre du pouvoir. Leur tête est ornée d’une parure de plumes ou d’un casque LLaut’us qui rappelle la crête du condor. Dans toutes les sociétés amérindiennes, les plumes jouent un rôle social important. Elles sont de tous les rites, de toutes les fêtes, de toutes les guerres. Signes d’identification sociale, hiérarchique et culturelle, on les utilise aussi lors des cérémonies de guérison. Elles sont pour l’homme un lien entre le visible et l’invisible. A travers les hommes ailés, mais aussi l’oiseau, le jaguar, l’ours et le puma, gardiens des dieux et messagers de l’inconnu, c’est un dialogue qui s’instaure avec les puissances invisibles. |
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Ange jawilla annonciateur. Huile 64 X 42cm. 2009 |
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Pujllay, ange tarabuqueño. Huile 61 X42 cm. |
Kapangela ange à la cape. Huile 61 X42 cm |
Kantataylla. Huile 61 X42 cm. 1999 |
Kawangela, ange à la cuirasses ; Huile 61 X42 cm. 1997
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Une ouvrage, titré A FLEUR DE PLUMES, mythes et réalités de la Bolivie ancestrale, de Claire Lamorlette et Eduardo Conde Quispe, illustré de photos en noir et blanc des tableaux d’Eduardo, s’attache à décrire la vie et l’univers culturel des Aymaras de Bolivie à travers les œuvres du peintre (72 p., éditions Mokeddem, octobre 2008. Site : wwww.mokeddem.fr). Pour tout renseignement complémentaire, se reporter à la page publications. | |
EDUARDO DECORATEUR Eduardo CONDE QUISPE est également peintre en décor et restaurateur de patrimoine. Il présente un vaste bagage professionnel. COMPETENCES TECHNIQUES Peinture en trompe-l’œil : fresques panoramiques, ornementation, faux marbre, faux bois, grisailles, patines et effets de matières et stuc à la chaux. Peinture traditionnel : laque tendue, peinture Glycéro et mate, filages, enduits à l’eau et gras, papier peint y toiles de verres ; Dorure : à la mixtion, application de gesse et patines sur la dorure. EXPERIENCES PROFESIONNELLE 2009 peintres décorateur – SESINI ET LONGHI – Hôtel Meurisse – Paris 2008 Peintre – Mairie de Paris – 2007 Peintre décorateur – Atelier Meriguet-Carrerre - Château de la Barre – Fontaine le Port ; 2007 Peintre restaurateur du patrimoine au RESTAURIERUNG DER VILLA PRIMAVESI – Vienne Autriche. 2000 Peintre décorateur Société Peinture et Luminaires SPL – Paris 1997 Réalisation des motifs panoramiques à l’oratoire de l’église Saint Gervais – Paris. 1998 Décoration et dorure – Société DELISLI – Montreuil. 1993 Formation Peinture décorative – COMPAGNONS DU TOUR DE France – travaux au Fédération Compagnonique des Métiers du bâtiment de Paris. 1993 Réalisation de fresques à l’Eglise Orthodoxe Saint Nicolas de Chisinau – Moldavie. 1979-1985 Formation Arts plastiques à l’Universidad Mayor de San Andres UMSA, La Paz (Bolivie).
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Travaux de faux marbre dans un château en fontaine-le-Port. 2007 |
Les imitations de faux marbres. 2007 |
Faux marbres dans une maison particuliers à Paris. 1998 |
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Panneau décoratif : le champ Onex vert, encadrement malaquette. 1900. |
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Panneau décoratif avec imitation de faux bois. 1992 |
Eduardo devant le mur décoré en Fontaine Le Port. 2007. |
Appliques en processus de dorure dans un atelier de Montreuil. 1998 |
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COMMENTAIRES DES EXPOSITIONS : Vie quotidienne Eduardo Conde Quispe vous raconte à travers ses œuvres la vie des Aymaras de l’Altiplano bolivien (4 000 m d’altitude). Pour cela, il utilise le pastel, l’aquarelle, la gouache et la sanguine. Son dessin est précis et coloré, nous montrant de nombreux paysages, la fabrication ancestrale de barques en roseaux, les danses, le souvenirs des morts, le yatire (savant très âgé) qui recherche l’origine du mal dont souffre un patient, en étudiant les feuilles de coca, les troupeaux de lama (seul moyen de transport dans certaines zones reculées, il y a quelques années encore), la culture de la pomme de terre, puis le marché… Il nous montre que les peuples de Bolivie ne sont pas fermés au progrès, nous décrivant le cérémonial de la réception d’un nouveau camion, qui, dans ce pays, est un précieux moyen de transport pour les gens et les marchandises. Journal Le Crestois. 4 août 1995. Les hommes ailés Eduardo Conde Quispe est un Aymara du village global qui a fait connaître la Bolivie en Moldavie et qui a fait entrer l’esprit du carnaval d’Oruro à l’opéra de Shanghai. Nous sommes heureux d’accueillir aujourd’hui à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales les peintures de ce Parisien Pazénien, de ce Pazénien Parisien. C’est l’occasion pour le réseau d’amis qu’il a tissés en France de lui exprimer toute leur sympathie. Yvon LE BOT. CADIS-EHESS, Paris, 1999 Grâce à vous, on peut admirer à l’EHESS, une des œuvres les plus belles et « parlantes » du courant symbolique et syncrétique émergeant au peu partout dans le monde… Sur fond d’art religieux à dominante catholique, se détachent bon nombre d’éléments, voire l’essentiel d’un fonds chamanique transculturel primordial. Tout cela sans heurts - déploration, ironie ou revanche – mais au contraire en grande intelligence et en paix. En ce tournant du troisième millénaire, dans la rencontre en profondeur des peuples de la terre vous êtes un très réel et bel espoir. Guy BENEY. Paris, 1999. |
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ARTICLES, AFICHES PARUS DANS LA PRESSE FRANCAIS ET BOLIVIEN
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