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TEXTILES BOLIVIENS

 

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Tissages traditionnelles des Andes boliviens

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Femmes quechua de Charazani à l’occasion d’une fête

 

L’art du tissage dans les Andes boliviens

L’art  du tissage apparut dans les l’ancien Pérou (constitué du territoire des actuels Pérou, Bolivie et l’Equateur) bien avant celui de la céramique. En effet, entre 6000 et 3000ans  avant J.C., on employait déjà diverses diverses fibres végétales qui furent supplantées, vers 3000 ans avant notre ère, par le coton aux fibres plus longues et plus souples. Mais ce fut l’utilisation de la laine qui permet à l’art du tissage de prendre sa véritable dimension. La toison longue et soyeuse de la vigogne sauvage, celles plus rèches de l’alpaga et du lama domestiques fournirent une matière première qui s’adaptait à des usages multiples et supportait une gamme étendue de teintures. Les fibres animales, teintes à l’aide de colorants minéraux et végétaux (feuilles, écorces, graines et fleurs longuement bouillies) étaient mêlées aux laines de tons naturels allant du noir au blanc en passant par différentes nuances de brun.

Les textiles participaient à la vie quotidienne de l’individu, de sa naissance à sa mort, jouant rôle utilitaire quotidien, mais aussi social, culturel et religieux.

Dès mes temps les plus anciens, les peuples des Andes se différenciaient par leur vêtement, témoin non seulement de leur appartenance à un groupe ethnique bien défini, mais aussi de la conception cosmologique de l’univers sacré dans lequel ils évoluaient.

« A Tiahuanacu, le créateur (Wiracocha) modela avec de la boue toutes les nations qui existent sur cette terre, peignant chacune du vêtement qu’elle devrait porter… » (Père Cobo). Viracocha envoya ses créateurs habiter le monde souterrain d’où elles émergèrent par le lac Titicaca, les lagunes, les rivières, les torrents, les sources, les montagnes et les racines des arbres afin de fonder leurs Ayllus.

L’univers peuplé de dieux-animaux et êtres mythiques -, et la représentation symbolique de lieux sacrés, comme par exemple les sommets des montagnes où veillent les Apus, esprits des Ancêtres, apparurent sur les tissages. La soleil et les astres créés par Viracocha, origine de l’ énergie cosmique, le Serpent assimilé à l’éclair, au rayon de lumière générateur de pluie, donc de l’eau nécessaire à toute vie, le Condor maître de l’air, le Singe symbole de stabilité, déïté des lieux clos, entre beaucoup d’autres, furent tissés sous des formes stylisées, tant sur les vêtements que sur les pièces textiles à usage domestique. S’y ajoutèrent des éléments et des personnages de l’environnement quotidien de l’homme andin.

Il existait des vêtements particuliers pour chaque événement de la vie : naissance, rites de la puberté, mariage, fêtes, veuvage, mort. Les momies ou fardos les plus anciens (Paracas, Huari, Charcay), étaient revêtus de toiles de coton et de tissage de laine somptueusement ornés et rebrodés. Elles portaient à leur ceinture une chuspa, ou sac à coca, leur permettant d’emporter la plainte sacrée dans leur voyage vers l’au-delà.

L’usage des textiles se développa pendant la domination de l’Empire Inca. L’Empire centralisait et redistribuait les ressources. Il existait un « tribut textile », obligation de tisser pour l’Etat et le culte contre la remise de la quantité de laine et de coton nécessaire à la confection de ses propres vêtements. Les vêtements permettaient de distinguer les différents groupes ethniques de l’Empire et de la catégorie sociale de ceux qui les portaient. Des jeunes filles appelées « acllas », choisies à travers tout l’Empire pour leurs qualités et leur beauté, tissaient dans la réclusion des vêtements et des pièces textiles d’une extrême finesse destinés à l’Inca et aux sacrifices religieux, tandis que les hommes, les « cumbicamayocs » tissaient les vêtements militaires.

De nouveaux motifs apparurent dans les tissages : figures géométriques inscrites dans un quadrilatère et étoile inca à huit branches, au centre évidé.

Au XVIè siècle, horrifiés de découvrir l’adoration des indigènes pour des « idoles païennes », animaux et lieux déifiés, les Espagnols en interdirent la représentation sur les céramiques et les plats de métal aussi bien que sur les vêtements : « On ne représentera ces figures ni sur les vêtements, ni sur les vases, ni sur les maisons »… »…Il ne leur est plus permis (aux Indiens)  de conserver leurs idoles… on ne peindra plus le soleil, la lune ou les étoiles, pour leur éviter de retomber dans leurs anciens errements et délires… » (Ordonnances du Vice-roi de Tolède, émises à Chuquisaca, 1574).

Mais en dépit de ces efforts, les motifs des époques pré-incaïques et inca se sont transmis de génération en génération jusqu’à nos jours. Au fil du temps, les tisserands ont ajouté de nouveaux thèmes aux représentations symboliques datant de milliers d’années. En plus de certains motifs propres à l’auteur di tissage, des éléments contemporains sont apparus : chevaux, vaches et curés après l’arrivée des Espagnols, danseurs, fleurs, guirlandes, et plus récemment encore voitures, hélicoptères, camions, noms propres, initiales et dates.

Les tisserandes des Andes pratiquent un art vivant qui sait allier à une tradition plusieurs fois millénaires des éléments nouveaux puisés dans la vie de chaque jour.

                                                                                                                                             Par : Jacqueline Curtelin. 1987

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Repos de demi-journée dans une communauté aymara de l’altiplano

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Una caravane de lamas en traversant l’Altiplano aride.

 

LES TISSERANDES AYMARAS WARA WARA

                                                                                                              Par : J.Curtelin

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Femme aymara travaillant sur un métier traditionnel.

L’association La Porte du Soleil apporte son soutien aux femmes aymaras de l’Altiplano bolivien, en particulier celles de la localité de Tiwanaku, dans le département de La Paz.

Les Aymaras de cette région aride vivent organisés en communautés. Leur économie de survie dépend de l’exploitation de petites parcelles, de l’élevage d’ovins et de camélidés, dont la laine est tissée sur des métiers traditionnels.

Aujourd’hui, les camélidés sont menacés de disparition par la diminution des surfaces de pâturage et l’absence de moyens. Cette situation est l’une des conséquences de la Réforme agraire de 1953 qui a divisé la terre en lopins et l’a redistribuée aux familles sans tenir compte de leurs besoins réels. Faute de surfaces cultivables suffisantes, de nombreux paysans (campesinos) ont dû quitter leurs terres et s’exiler vers les villes. Les familles de paysans arrivent à La Paz et y rencontrent les mineurs au chômage, après la fermeture des mines d’étain. Sans travail, elles repartent vers la région chaude, les yungas, pour travailler dans les plantations de coca.

Les femmes aymaras, regroupées sous le nom de Wara Wara (étoiles), entreprennent de revitaliser les techniques ancestrales de l’art du tissage et décident de vendre le produit de leur travail à La Paz, et si possible de l’exporter vers l’Europe,

L’argent obtenu de la vente de leurs étoffes revient au groupement et permet aux tisserandes d’acheter du matériel et d’aménager leur atelier en vue de développer leur activité. L’apport financier qu’elles en tirent l’aide à surmonter leurs difficultés quotidiennes et à sortir de la misère dans laquelle elles se trouvent avec leur famille.

Le groupement Wara Wara est devenu autonome. Il est désormais capable de financer ses moyens de production et son matériel (métier à tisser, quenouilles, laine…). Ses membres échangent leurs expériences et savoir-faire en matière de pigments, techniques de filage, et sur le procédé des pallas, qui consiste à sélectionner et à composer des franges décoratives pour les étoffes. La Porte du Soleil soutient l’action de ces tisserandes depuis 1989 en faisant notamment la promotion de leurs tissages.

En 1992, à l’occasion du 5e centenaire de la controversée « découverte de l’Amérique », nous avons organisé à Crest, puis à Paris, une exposition de tissus apportés par les femmes du groupement Wara Wara. La richesse des motifs, le sens artistique des créateurs et artisans, l’habileté de ces femmes qui ont su si bien conserver et réinterpréter la mémoire de leurs ancêtres aymaras et quechuas nous ont convaincu qu’il fallait absolument faire connaître ces chefs-d’œuvre de l’art andin, et ainsi les préserver de l’oubli et de l’indifférence.

 

FEMMES AYMARAS EN ACTION

 

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Affiche du groupement des femmes aymaras de l’altiplano bolivien.

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Le système  de l’ourdissage ou illawa  et que sert au maintient les fils du métier manuel

 

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Les outils et matériels du tissage traditionnel

 

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Les  femmes tricotent aussi  les laines de alpaga ou de lama

 

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Une exposition de leurs produits en laines naturels dans un marché à La Paz

 

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Tisserande  avec son métier artisanale porte une instrumente en os de lama pour fermer les trames

 

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Les danseurs  de chhajes  portent des tissages traditionnels à l’ occasion de leurs fêtes

 

QUELQUES PRODUITS  A VENDRE  DANS NOTRE ESPACE BOUTIQUE

 


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